Une maison bretonne réinventée à Saint-Briac-sur-Mer par Atelier Compostelle
Suivez Planète Déco sur Google — ajoutez-nous à vos favoris pour retrouver nos articles déco dans votre fil d'actualitésÀ Saint-Briac-sur-Mer, l'Atelier Compostelle réinvente une maison bretonne du 19e siècle sur la Côte d'Émeraude
À Saint-Briac-sur-Mer, la villa Ker Lucie retrouve une seconde jeunesse. Nichée sur la Côte d'Émeraude, cette maison bretonne de la fin du 19e siècle vient de connaître une rénovation signée Atelier Compostelle. Le studio d'architecture intérieure, livre ici un projet d'une grande justesse.
Construite à la fin du 19e siècle, la villa Ker Lucie a été divisée en plusieurs lots dans les années 1960. Cette fragmentation avait fait perdre au logement sa logique d'origine. Atelier Compostelle reprend les volumes un par un, avec méthode. Le studio réorganise les espaces pour retrouver une circulation fluide, adaptée à la vie de famille.
Les sols anciens sont conservés et restaurés avec soin. Ils s'intègrent dans une composition résolument contemporaine. De nouvelles fenêtres, orientées à l'ouest, captent les variations de la lumière bretonne. Cette lumière devient un vrai matériau de décoration, au même titre que le bois ou la céramique. Le geste architectural révèle l'existant plutôt qu'il ne l'efface, et respecte les racines de la maison.
Dans le salon, les canapés en lin blanc entourent une table basse en bois brûlé, aux formes rondes et sculpturales. Le tapis en laine tressée, aux tons gris et bruns se pose à leur pieds. Sur un mur d'accent, un papier-peint panoramique nous emporte dans une jungle bleutée, peuplée d'oiseaux et de perroquets.
Cette fresque évoque les décors de voyage chers au 19e siècle. Elle s'associe au sol à damier noir et blanc, typique des intérieurs bretons anciens. Le soubassement bleu marine, souligné d'un filet terracotta, rythme la pièce. Une étagère métallique vintage et originale accueille les livres et les objets chinés. Elle ajoute une touche graphique et légère à l'ensemble. Près de la table à manger, des chaises noires contrastent avec la nappe en lin brut.
La cuisine se déploie sur un linéaire de huit mètres dans la pièce de vie. Les façades noires mates dissimulent l'électroménager et les rangements. Un plan de travail clair, en marbre veiné, tranche avec la couleur sombre des meubles. Deux suspensions en verre soufflé, montées sur laiton noirci, éclairent le plan de travail.
Une niche cintrée, peinte dans un rouge brique profond, abrite des livres et des céramiques. Cette alcôve reprend une forme architecturale typique des maisons anciennes de la région. Elle apporte une note colorée et joyeuse au milieu des tons sombres de la cuisine. Une bibliothèque basse, glissée sous le plan de travail, prolonge la pièce vers le salon.
Le sol en damier noir et blanc traverse tout le rez-de-chaussée. Il unifie visuellement le salon, la cuisine et l'entrée. Les carreaux de ciment, réalisés avec Upptile et As de carreaux, reprennent des motifs anciens réinterprétés. Le terrazzo d'origine, préservé dans certaines pièces, ajoute une matérialité minérale et vintage.
Le bois est utlisé avec mesure, sur les meubles bas et les étagères. Il réchauffe l'ensemble sans dominer. La palette de couleurs, développée avec l'artiste Robin, alterne les blancs cassés, les bleus profonds et les verts sourds. Chaque teinte souligne une perspective particulière.
À l'étage, une chambre est peinte dans un vert profonddu sol au plafond. Une applique dorée diffuse une lumière chaude près du lit. Le couvre-lit sombre, ponctué de pompons blancs, apporte une note plus légère.
La salle de bain adopte un tout autre registre, plus minéral et sensuel. Un carrelage rose poudré, posé à la verticale, habille la douche du sol au plafond. Le plafond noir mat est éclairé par des spots dorés. Un sol à motifs noir et blanc rappelle la palette du rez-de-chaussée à l'étage. Cette continuité de couleurs tisse un lien discret entre les niveaux de la maison.
Cette décoration séduit par sa cohérence et son refus de tomber dans le cliché marin. Ici, l'Atelier Compostelle prend le contre-pied de cette esthétique convenue. Le mélange entre terracotta, bleu marine et papier peint exotique surprend agréablement. Il est inattendu et respecte l'esprit du lieu. Le choix du papier peint panoramique reste le geste le plus audacieux du projet. La chambre verte, assez sobre, contraste avec la richesse du rez-de-chaussée.
L'Atelier Compostelle travaille entre Paris, Luxembourg et Bruxelles, sous la direction d'Amandine Maroteaux. Ce positionnement européen n'empêche pas un attachement fort au territoire français. Le studio choisit ici de dialoguer avec des artisans et des fournisseurs locaux.
Les carreaux de ciment, le terrazzo restauré et les couleurs sur mesure incarnent ce savoir-faire hexagonal. Le projet puise dans l'histoire des villas balnéaires françaises de la Belle Époque. Il réinterprète cet héritage avec un regard contemporain. Cette maison bretonne illustre une certaine idée du patrimoine régional modernisé par une décoration actuelle.
La villa Ker Lucie prouve qu'une rénovation peut respecter l'histoire tout en se modernisant. Atelier Compostelle signe un projet où chaque matière, chaque couleur et chaque source de lumière trouve sa juste place. Cette maison bretonne est un lieu pour vivre en famille dans une région authentiquement maritime. Elle invite à repenser la décoration balnéaire loin des standards habituels.
La Côte d'Émeraude s'étend entre Cancale et Le Val-André. Elle doit son nom aux reflets verts que prend la mer selon la lumière et les marées. Saint-Briac-sur-Mer occupe une position privilégiée, entre Dinard et Saint-Malo. Le village a longtemps attiré les peintres et les écrivains, séduits par ses plages et ses villas de granit. Renoir et Signac ont posé leur chevalet sur cette côte, au début du 20e siècle.
Ces belles maisons anciennes sont les témoins préservés des villégiature bourgeoise, née à la fin du 19e siècle. Les familles parisiennes venaient alors passer l'été loin de la capitale, dans des demeures cossues. Les façades en pierre locale, ponctuées de briques rouges, ont été conservées comme un patrimoine architectural précieux. Le sentier des douaniers longe la côte et relie ces villas à la mer. La lumière bretonne joue un rôle essentiel dans le projet réalisé par l'Atelier Compostelle. Photo : ©Lisa Marie Leclerc
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Ker Lucie, une villa qui retrouve sa cohérence
Construite à la fin du 19e siècle, la villa Ker Lucie a été divisée en plusieurs lots dans les années 1960. Cette fragmentation avait fait perdre au logement sa logique d'origine. Atelier Compostelle reprend les volumes un par un, avec méthode. Le studio réorganise les espaces pour retrouver une circulation fluide, adaptée à la vie de famille.
Les sols anciens sont conservés et restaurés avec soin. Ils s'intègrent dans une composition résolument contemporaine. De nouvelles fenêtres, orientées à l'ouest, captent les variations de la lumière bretonne. Cette lumière devient un vrai matériau de décoration, au même titre que le bois ou la céramique. Le geste architectural révèle l'existant plutôt qu'il ne l'efface, et respecte les racines de la maison.
Un salon où la couleur est distillée en touches discrètes
Dans le salon, les canapés en lin blanc entourent une table basse en bois brûlé, aux formes rondes et sculpturales. Le tapis en laine tressée, aux tons gris et bruns se pose à leur pieds. Sur un mur d'accent, un papier-peint panoramique nous emporte dans une jungle bleutée, peuplée d'oiseaux et de perroquets.
Cette fresque évoque les décors de voyage chers au 19e siècle. Elle s'associe au sol à damier noir et blanc, typique des intérieurs bretons anciens. Le soubassement bleu marine, souligné d'un filet terracotta, rythme la pièce. Une étagère métallique vintage et originale accueille les livres et les objets chinés. Elle ajoute une touche graphique et légère à l'ensemble. Près de la table à manger, des chaises noires contrastent avec la nappe en lin brut.
Une cuisine ouverte dans la pièce de vie
La cuisine se déploie sur un linéaire de huit mètres dans la pièce de vie. Les façades noires mates dissimulent l'électroménager et les rangements. Un plan de travail clair, en marbre veiné, tranche avec la couleur sombre des meubles. Deux suspensions en verre soufflé, montées sur laiton noirci, éclairent le plan de travail.
Une niche cintrée, peinte dans un rouge brique profond, abrite des livres et des céramiques. Cette alcôve reprend une forme architecturale typique des maisons anciennes de la région. Elle apporte une note colorée et joyeuse au milieu des tons sombres de la cuisine. Une bibliothèque basse, glissée sous le plan de travail, prolonge la pièce vers le salon.
Terrazzo, ciment et bois, un dialogue de matières
Le sol en damier noir et blanc traverse tout le rez-de-chaussée. Il unifie visuellement le salon, la cuisine et l'entrée. Les carreaux de ciment, réalisés avec Upptile et As de carreaux, reprennent des motifs anciens réinterprétés. Le terrazzo d'origine, préservé dans certaines pièces, ajoute une matérialité minérale et vintage.
Le bois est utlisé avec mesure, sur les meubles bas et les étagères. Il réchauffe l'ensemble sans dominer. La palette de couleurs, développée avec l'artiste Robin, alterne les blancs cassés, les bleus profonds et les verts sourds. Chaque teinte souligne une perspective particulière.
À l'étage, une chambre et une salle de bain plus intimes
À l'étage, une chambre est peinte dans un vert profonddu sol au plafond. Une applique dorée diffuse une lumière chaude près du lit. Le couvre-lit sombre, ponctué de pompons blancs, apporte une note plus légère.
La salle de bain adopte un tout autre registre, plus minéral et sensuel. Un carrelage rose poudré, posé à la verticale, habille la douche du sol au plafond. Le plafond noir mat est éclairé par des spots dorés. Un sol à motifs noir et blanc rappelle la palette du rez-de-chaussée à l'étage. Cette continuité de couleurs tisse un lien discret entre les niveaux de la maison.
Notre avis sur ces choix décoratifs
Cette décoration séduit par sa cohérence et son refus de tomber dans le cliché marin. Ici, l'Atelier Compostelle prend le contre-pied de cette esthétique convenue. Le mélange entre terracotta, bleu marine et papier peint exotique surprend agréablement. Il est inattendu et respecte l'esprit du lieu. Le choix du papier peint panoramique reste le geste le plus audacieux du projet. La chambre verte, assez sobre, contraste avec la richesse du rez-de-chaussée.
Un ancrage profond dans la France
L'Atelier Compostelle travaille entre Paris, Luxembourg et Bruxelles, sous la direction d'Amandine Maroteaux. Ce positionnement européen n'empêche pas un attachement fort au territoire français. Le studio choisit ici de dialoguer avec des artisans et des fournisseurs locaux.
Les carreaux de ciment, le terrazzo restauré et les couleurs sur mesure incarnent ce savoir-faire hexagonal. Le projet puise dans l'histoire des villas balnéaires françaises de la Belle Époque. Il réinterprète cet héritage avec un regard contemporain. Cette maison bretonne illustre une certaine idée du patrimoine régional modernisé par une décoration actuelle.
Une maison à la rénovation respectueuse
La villa Ker Lucie prouve qu'une rénovation peut respecter l'histoire tout en se modernisant. Atelier Compostelle signe un projet où chaque matière, chaque couleur et chaque source de lumière trouve sa juste place. Cette maison bretonne est un lieu pour vivre en famille dans une région authentiquement maritime. Elle invite à repenser la décoration balnéaire loin des standards habituels.
Saint-Briac-sur-Mer, un ancien village de peintres
La Côte d'Émeraude s'étend entre Cancale et Le Val-André. Elle doit son nom aux reflets verts que prend la mer selon la lumière et les marées. Saint-Briac-sur-Mer occupe une position privilégiée, entre Dinard et Saint-Malo. Le village a longtemps attiré les peintres et les écrivains, séduits par ses plages et ses villas de granit. Renoir et Signac ont posé leur chevalet sur cette côte, au début du 20e siècle.
Ces belles maisons anciennes sont les témoins préservés des villégiature bourgeoise, née à la fin du 19e siècle. Les familles parisiennes venaient alors passer l'été loin de la capitale, dans des demeures cossues. Les façades en pierre locale, ponctuées de briques rouges, ont été conservées comme un patrimoine architectural précieux. Le sentier des douaniers longe la côte et relie ces villas à la mer. La lumière bretonne joue un rôle essentiel dans le projet réalisé par l'Atelier Compostelle. Photo : ©Lisa Marie Leclerc
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