Quand un cottage anglais du 19e siècle devient une leçon d'architecture contemporaine
Découvrez Folly Cottage, un cottage anglais du 19e siècle transformé par le cabinet Invisible Studio. avec une extension en bois brûlé
À la frontière du Hampshire et du Surrey, là où les champs bucoliques de l'Angleterre rurale cèdent peu à peu la place aux landes de bruyère, se cache une propriété qui mérite qu'on s'arrête. Folly Cottage n'est pas une maison que l'on voit depuis la route. On la découvre au bout d'une allée fleurie, progressivement, et cette approche donne le ton. Ce cottage anglais du 19e siècle a trouvé une seconde jeunesse depuis sa transformation brillante par un cabinet d'architecte.
L'histoire commence en 1802 avec un cottage ouvrier en pierre, solide et modeste, construit sans ambition autre que celle d'abriter des vies simples. Deux siècles plus tard, le cabinet londonien Invisible Studio, lauréat du prix RIBA, reçoit une commande singulière. Il est chargé de le transformer sans trahir cet héritage ouvrier afin d'en faire une maison du 21e siècle.
Le résultat saute aux yeux dès qu'on arrive côté jardin. L'extension contemporaine, habillée de bois brûlé selon la technique du Shou Sugi Ban, s'élève perpendiculairement au cottage d'origine. Le contraste entre la pierre ocre et les briques rouges d'un côté, et le volume noir et mat de l'autre est total. Pourtant, loin d'être choquant, il est original et novateur. La toiture à double pente de l'extension reprend le gabarit de l'originale, et cette continuité de silhouette suffit à réconcilier les deux époques. Depuis le jardin, le regard passe de l'un à l'autre sans heurt.
Ce type d'intervention caractérise bien la démarche d'Invisible Studio. Le studio travaille souvent à partir de matériaux bruts, bois, terre, chanvre, pierre, et ici, le béton occupe une place centrale.
On entre par un porche fonctionnel. La cuisine arrive immédiatement, et là, le ton change. Les meubles couleur bois clair se complètent de plans de travail en béton coulé sur place, à la texture légèrement irrégulière.
Deux suspensions dorées en laiton mat tombent au-dessus de la table de repas, une table ancienne en bois brut entourée de chaises Eames rouge coquelicot. Ce contraste, table de ferme patinée contre chaises de design iconique, est une idée décorative qu'on retrouve souvent et qui fonctionne bien, malgré les styles qui semblent opposés.
Le sol en béton poli continue dans tout l'espace de vie. Le salon, légèrement en contrebas, est meublé d'un canapé Togo en velours bleu gris, l'un des classiques du design français signé Michel Ducaroy pour Ligne Roset. Le tapis kilim en tons verts et gris apporte une touche ethnique. Deux poêles à bois, l'un encastré dans un mur de béton sculpté, l'autre posé en coin, réchauffent cette grande pièce lumineuse.
Les grandes baies vitrées coulissantes qui ouvrent le séjour sur le jardin offrent une vue sur les arbres, et le magnifique jardin conçu par le paysagiste Sam Ovens. Elles permettent de faire entrer visuellement la végétation dans la maison. La pièce est comme une boite une boîte lumineuse qui efface les frontières entre l'intérieur et l'extérieur.
La cage d'escalier avec ses montants en acier noir, répétés à espacement régulier du sol au plafond, forme un écran graphique qui divise l'espace tout en restant léger. On voit à travers, la lumière passe, les perspectives se croisent. L'acier a ce fini mat légèrement oxydé qui réchauffe la teinte grise.
La chambre principale, logée dans l'extension aux toits à double pente, est spectaculaire. Les fermes en bois massif croisent leurs lignes en V au-dessus du lit, et cette structure apparente transforme le plafond en sculpture. Des "picture windows" encadrent les frondaisons. Un lit bas aux draps en lin pétrole, la couverture à motifs indiens en kantha, une lampe sur pied en rotin décorent cet espace sobre mais chaleureux.
La salle de bain attenante pousse l'expérience plus loin. Entièrement enduite d'un béton teinté vert kaki presque noir, elle contraste violemment avec la clarté de la chambre. La baignoire encastrée, le lavabo monobloc, la paroi de douche en acier noir et verre, et les robinetteries noir mat sont choisis dans la même gamme chromatique.
La chambre de l'aile ancienne raconte une tout autre histoire. Les rideaux en toile de Jouy vert forêt font entrer un peu de France dans cette pièce ancienne. Son lit en métal ancien, son fauteuil capitonné, et son tapis de jonc de mer sont pourtant totalement anglais. C'est le cottage originel qui reprend ses droits, avec un goût pour les tissus imprimés et les meubles chinés.
Le terrain d'environ 6000m2 est une composante à part entière de la propriété. Sam Ovens, paysagiste réputé, a travaillé les pentes du terrain pour créer des niveaux successifs. Les graminées, les vivaces, et les arbres matures forment un fond de scène bucolique. On y trouve également un étang, creusé en bas de jardin avec son ponton en bois.
Les deux studios, habillés eux aussi de bois brûlé pour faire écho à l'extension principale, s'intègrent dans la végétation. Leur intérieur est en contreplaqué de pin Douglas, ils possèdent chacun un poêle à bois, et une très belle vue sur les arbres.
En France, on rénove beaucoup de corps de ferme et de maisons de maître, souvent avec les meilleures intentions. On finit parfois par trop lisser, adoucir, neutraliser. Invisible Studio prouve qu'on peut faire exactement l'inverse, assumer le choc des matières, garder la rugosité du béton, peindre une salle de bain en noir intégral. Nos architectes français, souvent talentueux, auront certaiment envie de les imiter (parfois).
La zone Hampshire-Surrey où se trouve ce cottage du 19e siècle, Folly Cottage est l'une des plus appréciées de la campagne anglaise. Les landes de Hindhead Common et le Devil's Punch Bowl, propriétés du National Trust, s'étendent à quelques minutes à pied. Les sentiers de randonnée du South Downs traversent des paysages qui n'ont pratiquement pas changé depuis 200 ans. Le village le plus proche, Churt, abrite le pub authentique et indispensable.
Ce cottage anglais du 19e siècle transformé en maison contemporaine, Folly Cottage, est en vente chez The Modern House
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Une double identité architecturale
L'histoire commence en 1802 avec un cottage ouvrier en pierre, solide et modeste, construit sans ambition autre que celle d'abriter des vies simples. Deux siècles plus tard, le cabinet londonien Invisible Studio, lauréat du prix RIBA, reçoit une commande singulière. Il est chargé de le transformer sans trahir cet héritage ouvrier afin d'en faire une maison du 21e siècle.
L'extension en bois brûlé, un pari audacieux
Le résultat saute aux yeux dès qu'on arrive côté jardin. L'extension contemporaine, habillée de bois brûlé selon la technique du Shou Sugi Ban, s'élève perpendiculairement au cottage d'origine. Le contraste entre la pierre ocre et les briques rouges d'un côté, et le volume noir et mat de l'autre est total. Pourtant, loin d'être choquant, il est original et novateur. La toiture à double pente de l'extension reprend le gabarit de l'originale, et cette continuité de silhouette suffit à réconcilier les deux époques. Depuis le jardin, le regard passe de l'un à l'autre sans heurt.
Ce type d'intervention caractérise bien la démarche d'Invisible Studio. Le studio travaille souvent à partir de matériaux bruts, bois, terre, chanvre, pierre, et ici, le béton occupe une place centrale.
La cuisine et les espaces de vie, béton et éclectisme
On entre par un porche fonctionnel. La cuisine arrive immédiatement, et là, le ton change. Les meubles couleur bois clair se complètent de plans de travail en béton coulé sur place, à la texture légèrement irrégulière.
Une table ancienne, des chaises Eames
Deux suspensions dorées en laiton mat tombent au-dessus de la table de repas, une table ancienne en bois brut entourée de chaises Eames rouge coquelicot. Ce contraste, table de ferme patinée contre chaises de design iconique, est une idée décorative qu'on retrouve souvent et qui fonctionne bien, malgré les styles qui semblent opposés.
Le séjour vitré, cœur contemporain de la maison
Le sol en béton poli continue dans tout l'espace de vie. Le salon, légèrement en contrebas, est meublé d'un canapé Togo en velours bleu gris, l'un des classiques du design français signé Michel Ducaroy pour Ligne Roset. Le tapis kilim en tons verts et gris apporte une touche ethnique. Deux poêles à bois, l'un encastré dans un mur de béton sculpté, l'autre posé en coin, réchauffent cette grande pièce lumineuse.
Les grandes baies vitrées coulissantes qui ouvrent le séjour sur le jardin offrent une vue sur les arbres, et le magnifique jardin conçu par le paysagiste Sam Ovens. Elles permettent de faire entrer visuellement la végétation dans la maison. La pièce est comme une boite une boîte lumineuse qui efface les frontières entre l'intérieur et l'extérieur.
L'escalier, un objet sculptural
La cage d'escalier avec ses montants en acier noir, répétés à espacement régulier du sol au plafond, forme un écran graphique qui divise l'espace tout en restant léger. On voit à travers, la lumière passe, les perspectives se croisent. L'acier a ce fini mat légèrement oxydé qui réchauffe la teinte grise.
Des chambres très différentes
La chambre principale et ses fermes en V
La chambre principale, logée dans l'extension aux toits à double pente, est spectaculaire. Les fermes en bois massif croisent leurs lignes en V au-dessus du lit, et cette structure apparente transforme le plafond en sculpture. Des "picture windows" encadrent les frondaisons. Un lit bas aux draps en lin pétrole, la couverture à motifs indiens en kantha, une lampe sur pied en rotin décorent cet espace sobre mais chaleureux.
La salle de bain, noire et radicale
La salle de bain attenante pousse l'expérience plus loin. Entièrement enduite d'un béton teinté vert kaki presque noir, elle contraste violemment avec la clarté de la chambre. La baignoire encastrée, le lavabo monobloc, la paroi de douche en acier noir et verre, et les robinetteries noir mat sont choisis dans la même gamme chromatique.
L'aile ancienne en style tellement anglais (en un peu français)
La chambre de l'aile ancienne raconte une tout autre histoire. Les rideaux en toile de Jouy vert forêt font entrer un peu de France dans cette pièce ancienne. Son lit en métal ancien, son fauteuil capitonné, et son tapis de jonc de mer sont pourtant totalement anglais. C'est le cottage originel qui reprend ses droits, avec un goût pour les tissus imprimés et les meubles chinés.
Un parc de 6000m2 et deux studios dans les arbres
Le jardin de Sam Ovens
Le terrain d'environ 6000m2 est une composante à part entière de la propriété. Sam Ovens, paysagiste réputé, a travaillé les pentes du terrain pour créer des niveaux successifs. Les graminées, les vivaces, et les arbres matures forment un fond de scène bucolique. On y trouve également un étang, creusé en bas de jardin avec son ponton en bois.
Les studios, des refuges au fond du parc
Les deux studios, habillés eux aussi de bois brûlé pour faire écho à l'extension principale, s'intègrent dans la végétation. Leur intérieur est en contreplaqué de pin Douglas, ils possèdent chacun un poêle à bois, et une très belle vue sur les arbres.
Ce que nos professionnels français pourraient retenir
En France, on rénove beaucoup de corps de ferme et de maisons de maître, souvent avec les meilleures intentions. On finit parfois par trop lisser, adoucir, neutraliser. Invisible Studio prouve qu'on peut faire exactement l'inverse, assumer le choc des matières, garder la rugosité du béton, peindre une salle de bain en noir intégral. Nos architectes français, souvent talentueux, auront certaiment envie de les imiter (parfois).
La région du Hampshire et du Surrey
La zone Hampshire-Surrey où se trouve ce cottage du 19e siècle, Folly Cottage est l'une des plus appréciées de la campagne anglaise. Les landes de Hindhead Common et le Devil's Punch Bowl, propriétés du National Trust, s'étendent à quelques minutes à pied. Les sentiers de randonnée du South Downs traversent des paysages qui n'ont pratiquement pas changé depuis 200 ans. Le village le plus proche, Churt, abrite le pub authentique et indispensable.
Ce cottage anglais du 19e siècle transformé en maison contemporaine, Folly Cottage, est en vente chez The Modern House
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