Un appartement à Paris qui ressemble à une maison de campagne
Au fond d'une impasse près de la Bastille, des garages sont devenus un appartement à Paris de 130m2 rénovés façon maison de campagne
Au fond d'une impasse du 11e arrondissement, à deux pas de la Bastille, il y avait plusieurs garages mitoyens. Des espaces sombres, bas de plafond et mal distribués et rien ne laissait présager qu'on puisse en tirer quelque chose. Mais la présence d'une petite cour pavée à l'abandon les rendaient très désirables. Il n'y avait pourtant qu' un carré de béton et des mauvaises herbes, mais une impression de campagne indéniable. C'est cette petite cour qui a donné le cap à toute la rénovation de cet appartement à Paris, par l'architecte d'intérieur Camille Hermand.
Le premier problème était structurel car les sols des différents garages n'étaient pas au même niveau. La solution adoptée? Décaisser l'ensemble de 20 centimètres, ce qui a permis de gagner de la hauteur sous plafond sans toucher aux structures existantes. On respire mieux dans une pièce avec une hauteur de plafond suffisante. Les ouvertures ont ensuite été entièrement repensées. Dans le salon, on a installé deux doubles portes vitrées qui s'ouvrent désormais sur la cour fleurie.
Côté rue, les anciennes portes de garage ont cédé la place à de larges baies vitrées qui éclairent deux chambres et la salle de bain en lumière naturelle. Les rebords extérieurs, élargis, accueillent des jardinières sur toute la longueur, une façon maligne de prolonger le vert vers l'intérieur. Et toutes les portes intérieures sont partiellement vitrées, ce qui permet à la lumière de circuler d'une pièce à l'autre.
Le salon est la pièce maitresse de cet appartement à Paris. La découverte pendant les travaux d'un conduit de fumée a permis d'installer une cheminée. Elle apporte ce sentiment d'être dans une vieille maison de province, alors qu'on est à dix minutes à pied de l'Opéra Bastille.
Autour de cette cheminée, on trouve un canapé vert mousse à coussin colorés, où les touches ocre, les rouille, les verts sauge viennent relever cette couleur presque neutre. Le daybed en bois massif avec ses pieds compas est un meuble des années 50, et ce style mid-century fonctionne parfaitement avec l'esprit campagne de l'appartement. La bibliothèque murale en teck, au système de montants et de tablettes couvre un pan de mur entier. Elle regorge d'objets chinés, de céramiques, de livres empilés sans ordre apparent mais avec un résultat visuel très efficace.
Ce mélange mid-century et brocante est un exercice d'équilibre que peu réussissent. Les murs blancs cassé sont idéals pour accueillir ce mix d'époques. La suspension à franges noires au-dessus du daybed apporte une touche légèrement inattendue, presque théâtrale, qui donne à la pièce un air décontracté.
La salle à manger s'ouvre sur la bibliothèque murale d'un côté et les grandes fenêtres de l'autre. La table en bois brut est entourée de chaises paillées qui rappellent le style shaker. Un tapis en jute rond est installé en dessous. La suspension a une légèreté poétique, et apporte une dose de modernité dans cet esprit campagne authentique.
La cuisine, qu'on aperçoit depuis le salon, a été traitée avec le même soin. Pour rester dans l'esprit maison de campagne, la cuisine opte pour un style rustique modernisé. Les façades sont peintes dans un blanc légèrement chaud avec des poignées en laiton, un choix sobre et intemporel. L'îlot central, mixte bois et métal peint, et occupe le centre de la pièce. Les poutres apparentes au plafond, blanchies, et les briques laissées nues sur un angle du mur rappellent l'origine industrielle des lieux sans en faire trop.
Un couloir a été entièrement tapissé d'étagères blanches chargées de livres. Des centaines de titres y cohabitent, serrés du sol au plafond, avec en face une verrière à petits carreaux. Ce n'est pas un couloir, c'est une pièce de passage mais qui donne l'envie de s'installer.
La salle de bain prolonge cette logique de bibliothèque, une paroi de verre strié donne sur des rayonnages de livres accessibles depuis les deux pièces. C'est une idée bizarre et géniale à la fois. La baignoire ancienne sur pieds, la robinetterie rétro, le lavabo vasque sur colonne, les tomettes au sol, tout ici évoque la décoration d'une maison de famille.
La chambre principale de cet appartement à Paris est toute proche de cette salle de bain vintage et charmante.Elle joue sur les tons neutres avec une touche de couleur portée par la suspension à franges et les livres alignés sur l'étagère au-dessus du lit.
L'aile sur cour est réservée aux deux chambres des enfants. La verrière noire qui sépare les deux chambres assure l'indépendance de chacun tout en laissant circuler la lumière.
C'est dans ces pièces qu'on trouve le choix le plus audacieux de toute la rénovation. Un panoramique grand format représentant une forêt tropicale, des palmiers, des lianes, et des singes perchés, couvre un mur entier. Il répond directement à la verdure de la cour visible par les fenêtres. Depuis la cour, l'effet est saisissant: on voit la forêt peinte à travers les carreaux, superposée aux fougères en pot disposées sur le rebord extérieur. C'est une réelle décision d'architecte d'intérieur.
On revient toujours à la cour. Ce carré de pavés moussus, avec sa table en ferronnerie noire, ses chaises bistrot, son parasol à franges crème un peu désuet, ses plantations en bacs et ses plantes grimpantes, c'est le cœur battant de cet appartement à Paris. Tous les espaces y font face ou s'y connectent d'une manière ou d'une autre.
La rénovation a su ne pas sur-aménager cet espace. Pas de mobilier design, pas de béton poli, pas de pergola en acier. Juste du mobilier de jardin ancien, de la verdure et des pavés. Ici, la cour ressemble à un lieu bucolique facile à vivre.
Cette rénovation réussit quelque chose de difficile. Elle donne à un appartement à Paris l'âme d'une maison. Pas par l'artifice de la décoration, mais parce que les choix d'architecture, le décaissement, les verrières, la cheminée, ont créé des conditions pour obtenir ce résultat avant même de meubler l'espace. Les tomettes, le bois, le lin, la brique apparente, la fonte du radiateur, tout est dans l'esprit campagne. C'est un projet réussi parce que personne n'a essayé de faire ici du tape-à-l'oeil.
Le quartier Saint-Sébastien, entre Bastille et République, appartient à ce Paris du 11e qu'on aime pour ses cours intérieures discrètes, ses ateliers d'artistes reconvertis et ses immeubles qui cachent plus qu'ils ne montrent. Le projet a parfaitement épousé cet esprit, celui d'une adresse parisienne qui se révèle pleine de charme en franchissant un seuil. Photo : © Agathe Tissier
Please click on this link for the English version







Décaisser, ouvrir, laisser entrer la lumière
Le premier problème était structurel car les sols des différents garages n'étaient pas au même niveau. La solution adoptée? Décaisser l'ensemble de 20 centimètres, ce qui a permis de gagner de la hauteur sous plafond sans toucher aux structures existantes. On respire mieux dans une pièce avec une hauteur de plafond suffisante. Les ouvertures ont ensuite été entièrement repensées. Dans le salon, on a installé deux doubles portes vitrées qui s'ouvrent désormais sur la cour fleurie.
Côté rue, les anciennes portes de garage ont cédé la place à de larges baies vitrées qui éclairent deux chambres et la salle de bain en lumière naturelle. Les rebords extérieurs, élargis, accueillent des jardinières sur toute la longueur, une façon maligne de prolonger le vert vers l'intérieur. Et toutes les portes intérieures sont partiellement vitrées, ce qui permet à la lumière de circuler d'une pièce à l'autre.
Un salon à la fois contemporain et campagnard
Le salon est la pièce maitresse de cet appartement à Paris. La découverte pendant les travaux d'un conduit de fumée a permis d'installer une cheminée. Elle apporte ce sentiment d'être dans une vieille maison de province, alors qu'on est à dix minutes à pied de l'Opéra Bastille.
Autour de cette cheminée, on trouve un canapé vert mousse à coussin colorés, où les touches ocre, les rouille, les verts sauge viennent relever cette couleur presque neutre. Le daybed en bois massif avec ses pieds compas est un meuble des années 50, et ce style mid-century fonctionne parfaitement avec l'esprit campagne de l'appartement. La bibliothèque murale en teck, au système de montants et de tablettes couvre un pan de mur entier. Elle regorge d'objets chinés, de céramiques, de livres empilés sans ordre apparent mais avec un résultat visuel très efficace.
Ce mélange mid-century et brocante est un exercice d'équilibre que peu réussissent. Les murs blancs cassé sont idéals pour accueillir ce mix d'époques. La suspension à franges noires au-dessus du daybed apporte une touche légèrement inattendue, presque théâtrale, qui donne à la pièce un air décontracté.
La cuisine et la salle à manger, deux univers qui dialoguent
La salle à manger s'ouvre sur la bibliothèque murale d'un côté et les grandes fenêtres de l'autre. La table en bois brut est entourée de chaises paillées qui rappellent le style shaker. Un tapis en jute rond est installé en dessous. La suspension a une légèreté poétique, et apporte une dose de modernité dans cet esprit campagne authentique.
La cuisine, qu'on aperçoit depuis le salon, a été traitée avec le même soin. Pour rester dans l'esprit maison de campagne, la cuisine opte pour un style rustique modernisé. Les façades sont peintes dans un blanc légèrement chaud avec des poignées en laiton, un choix sobre et intemporel. L'îlot central, mixte bois et métal peint, et occupe le centre de la pièce. Les poutres apparentes au plafond, blanchies, et les briques laissées nues sur un angle du mur rappellent l'origine industrielle des lieux sans en faire trop.
Le couloir-bibliothèque, la chambre principale et la salle de bain
Un couloir a été entièrement tapissé d'étagères blanches chargées de livres. Des centaines de titres y cohabitent, serrés du sol au plafond, avec en face une verrière à petits carreaux. Ce n'est pas un couloir, c'est une pièce de passage mais qui donne l'envie de s'installer.
La salle de bain prolonge cette logique de bibliothèque, une paroi de verre strié donne sur des rayonnages de livres accessibles depuis les deux pièces. C'est une idée bizarre et géniale à la fois. La baignoire ancienne sur pieds, la robinetterie rétro, le lavabo vasque sur colonne, les tomettes au sol, tout ici évoque la décoration d'une maison de famille.
La chambre principale de cet appartement à Paris est toute proche de cette salle de bain vintage et charmante.Elle joue sur les tons neutres avec une touche de couleur portée par la suspension à franges et les livres alignés sur l'étagère au-dessus du lit.
Les chambres des enfants en style forêt tropicale
L'aile sur cour est réservée aux deux chambres des enfants. La verrière noire qui sépare les deux chambres assure l'indépendance de chacun tout en laissant circuler la lumière.
C'est dans ces pièces qu'on trouve le choix le plus audacieux de toute la rénovation. Un panoramique grand format représentant une forêt tropicale, des palmiers, des lianes, et des singes perchés, couvre un mur entier. Il répond directement à la verdure de la cour visible par les fenêtres. Depuis la cour, l'effet est saisissant: on voit la forêt peinte à travers les carreaux, superposée aux fougères en pot disposées sur le rebord extérieur. C'est une réelle décision d'architecte d'intérieur.
La cour, fil rouge de tout le projet
On revient toujours à la cour. Ce carré de pavés moussus, avec sa table en ferronnerie noire, ses chaises bistrot, son parasol à franges crème un peu désuet, ses plantations en bacs et ses plantes grimpantes, c'est le cœur battant de cet appartement à Paris. Tous les espaces y font face ou s'y connectent d'une manière ou d'une autre.
La rénovation a su ne pas sur-aménager cet espace. Pas de mobilier design, pas de béton poli, pas de pergola en acier. Juste du mobilier de jardin ancien, de la verdure et des pavés. Ici, la cour ressemble à un lieu bucolique facile à vivre.
Ce que l'on retient de ce projet
Cette rénovation réussit quelque chose de difficile. Elle donne à un appartement à Paris l'âme d'une maison. Pas par l'artifice de la décoration, mais parce que les choix d'architecture, le décaissement, les verrières, la cheminée, ont créé des conditions pour obtenir ce résultat avant même de meubler l'espace. Les tomettes, le bois, le lin, la brique apparente, la fonte du radiateur, tout est dans l'esprit campagne. C'est un projet réussi parce que personne n'a essayé de faire ici du tape-à-l'oeil.
Le quartier
Le quartier Saint-Sébastien, entre Bastille et République, appartient à ce Paris du 11e qu'on aime pour ses cours intérieures discrètes, ses ateliers d'artistes reconvertis et ses immeubles qui cachent plus qu'ils ne montrent. Le projet a parfaitement épousé cet esprit, celui d'une adresse parisienne qui se révèle pleine de charme en franchissant un seuil. Photo : © Agathe Tissier
Please click on this link for the English version
Shop the look !



Livres
































Commentaires